HIPPODROME


 


 

L'hippodrome de Constantinople est l'arène hippique monumentale de la capitale de l'Empire byzantin, dans laquelle se déroulaient des courses de chars et d'autres manifestations. Commencé par Septime Sévère dans la ville qui s'appelait alors encore Byzance, et achevé par Constantin pour sa nouvelle capitale Constantinople, l'hippodrome a servi jusqu'à la fin du XIIe siècle, avant d'être partiellement brûlé par les Croisés en 1203. Aujourd'hui, les quelques vestiges restants de l'hippodrome sont visibles sur la place Sultanahmet Meydani à Istanbul.

Structure générale: Architecturalement, l'hippodrome de Constantinople est un cirque romain conforme au modèle que constitue le Circus Maximus à Rome : en forme d'épingle à cheveu, l'édifice comprend une arène bordée de gradins formant une courbe semi-circulaire à son extrémité sud-ouest (la sphendonè) tandis que l'extrémité nord-est est occupée par les carceres (en grec kankella ou aussi thyrai), les stalles de départ des chariots, au nombre de douze. L'arène est divisée en deux pistes par une barrière, la spina (en grec, euripos), sur laquelle se dressaient de nombreuses colonnes et statues.

Les gradins étaient aménagés sur des passages voûtés faisant le tour de l'arène, excepté du côté des carceres. Au sommet des gradins, courait une long portique. Légèrement excentré vers le sud du côté oriental des gradins se trouvait le Kathisma (en grec ), la loge monumentale de l'empereur, l'équivalent du pulvinar au Circus Maximus. Cette structure à deux niveaux, comprenant outre la loge proprement dite une salle de réception, communiquait directement avec le Grand Palais situé immédiatement à l'est (voir plan ci-contre), par un escalier en colimaçon (en grec kochlias), dont l'accès était barré par deux portes de bronze.

La longueur totale de l'édifice n'est pas connue précisément en raison de sa destruction, mais devait approcher 450 m. La section fouillée de la sphendonè permet en revanche de donner la largeur précise du monument : 117,50 m pour la largeur extérieure, et 79,50 m pour la largeur intérieure.

On estime la capacité de l'édifice à 100 000 spectateurs environ.



 



 

Décor: Comme la plupart des monuments édifiés par Constantin, l'hippodrome était orné de nombreuses sculptures rapportées dans sa nouvelle capitale tout exprès des grands sanctuaires et des cités de l'Orient grec :

Au-dessus des carceres, se trouvaient probablement les chevaux actuellement visibles à la basilique Saint-Marc de Venise.



 

Les courses de chars: Au signal de départ, le jet de la mappa par le consul ou l'empereur présidant les jeux, un mécanisme permettait d'ouvrir simultanément les douze stalles. Les chariots effectuaient alors sept tours de piste dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, tournant autour de l'extrémité nord de la spina marquée par une borne, la meta (en grec kampter). La ligne d'arrivée était probablement située dans la partie ouest de la piste, en face des tribunes où prenaient place les partisans des factions.



 

L'Obélisque de Théodose est le nom traditionnellement donné à l'obélisque de Thoutmôsis III dressé sous le règne de Théodose Ier sur la spina de l'hippodrome de Constantinople.

Elle mesure 18,54 mètres de haut et fut érigée en 390.



 

Colonne serpentine: Ce monument de l'hippodrome de Constantinople connu sous le nom de "colonne serpentine" constitue la partie restante d'une des plus célèbres offrandes de l'antiquité, le trépied de Platées offert par les Grecs coalisés à Apollon à la suite de leur victoire sur les Perses, le 27 août 479 av. J.C..

Le monument se dressait dans le sanctuaire de Delphes, en face de l'autel d'Apollon. Sur une base en forme de cloche, se dressait une colonne de bronze représentant trois serpents enlacés dont les têtes portaient un trépied en or. L'or représentait la dîme (le dixième) du trésor trouvé dans le camp perse du général Mardonios. Le trépied fut fondu par les Phocidiens durant la troisième guerre sacrée, pour payer leurs mercenaires. Lorsque Constantin fonda sa nouvelle capitale, il l'orna avec de nombreuses offrandes provenant des sanctuaires païens, dont la colonne aux serpents.

La colonne est située sur la spina, esplanade centrale autour de laquelle se déroulaient les courses de char. En 1700, les têtes des serpents furent brisées, mais l'une d'entre elles fut récupérée par l'architecte Fossati lors de fouilles faites autour de Sainte-Sophie (1848). Au bas de la colonne, dégagée complètement par C.T. Newton en 1855, se trouve gravée une célèbre inscription qui mentionne les 31 cités ayant participé à la bataille.

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